Aide médicale à mourir | Le débat ne s’essouffle pas au Canada

La Presse - 16/06
En 2015, alors que Jocelyn Downie assistait à l’annulation par la Cour suprême du Canada des lois criminalisant l’aide à mourir, elle s’est dit qu’elle ferait mieux de trouver une nouvelle orientation pour le reste de sa carrière.

(Ottawa) En 2015, alors que Jocelyn Downie assistait à l’annulation par la Cour suprême du Canada des lois criminalisant l’aide à mourir, elle s’est dit qu’elle ferait mieux de trouver une nouvelle orientation pour le reste de sa carrière.

Publié à 8 h 25
Sarah Ritchie La Presse Canadienne

La lutte pour garantir aux Canadiens la possibilité d’obtenir légalement de l’aide pour mettre fin à leurs jours en cas de souffrances intenses semblait avoir pris fin avec la décision unanime rendue dans l’affaire Carter c. Canada.

Le plus haut tribunal du pays a donné un an au Parlement pour se conformer à sa décision. Mme Downie, professeure de droit à l’Université Dalhousie, qui avait passé près de trois décennies à étudier les lois sur l’aide à mourir, a planifié ses prochaines étapes.

« Mais je ne suis jamais arrivée à la question “que vais-je faire ensuite” à cause de ce qui s’est passé », a-t-elle relaté.

Le gouvernement libéral a légalisé l’aide médicale à mourir (AMM) le 17 juin 2016.

Il a limité l’admissibilité aux personnes dont le décès était « raisonnablement prévisible ». Les défenseurs du choix autonome, comme Mme Downie, ont estimé que cette restriction n’était pas conforme à l’intention de la cour dans l’arrêt Carter. Or, d’autres ont averti que cette limite était essentielle pour protéger les personnes vulnérables.

Au cours des dix dernières années, le débat a évolué pour déterminer qui devrait être admissible à l’aide médicale à mourir et dans quelles circonstances, et qui devrait décider de ces garde-fous.

En 2021, à la suite d’une décision de la Cour supérieure du Québec, Ottawa a élargi l’admissibilité pour inclure les personnes souffrant d’une affection médicale grave et irrémédiable dont le décès n’est pas raisonnablement prévisible – ce que l’on appelle désormais la voie 2 d...
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